Pierre Jolicoeur lance son dernier livre à L’Île-du-Grand-Calumet
Pierre St-Cyr
L’Île-du-Grand-Calumet 10 févr 2024
De son propre aveu, les « mots m’ont débouché ». Pierre Jolicoeur, alias Bajatell (son nom de plume), l’admet sans ambages : apprendre à lire et écrire lui a permis de prendre la pleine mesure de sa valeur en tant qu’être humain.
À quelques heures du lancement de son quatrième livre — Silence des roses (aux Éditions Tellwell) — le poète affiche un air heureux. En ce samedi 10 février, tout est fin prêt dans l’édifice municipal de L’Île-du-Grand-Calumet pour accueillir les quelque 80 personnes ayant confirmé leur présence à cet événement. De mémoire d’homme, d’ailleurs, le premier du genre à se dérouler dans la petite municipalité.
À raison, Pierre Jolicoeur est fier. Il a . . .
fait fi des supplications de sa maison d’édition (qui souhaitait tenir l’événement dans une plus grande ville), et obtenu d’elle la permission d’organiser l’activité dans le village où il a grandi.
Que de chemin parcouru par cet homme abandonné à la naissance, longtemps bègue, en proie toute sa vie à des difficultés d’apprentissage… Mais qui à l’âge de 55 ans — alors entrepreneur quasi-analphabète — se fait dire qu’il a l’étoffe d’un poète.
Ces quelques paroles d’encouragement, prononcées par la directrice d’une école privée de Kitchener, Ontario, se spécialisant en littératie, marquent le coup. Elles éveillent en lui une passion pour l’écriture. Pour la poésie, surtout. Que ce raconteur-né qualifie de « langage du cœur ».
Depuis, il met sa plume au service de son cœur. Un cœur visiblement intarissable. Parce qu’écorché et toujours à la recherche de réponses. Qui viennent parfois à Bajatell, et dont l’universalité lui a mérité le droit d’être publié dans le recueil à succès In Praise, In Memories, In Ink.
Aujourd’hui, le septuagénaire père de huit enfants, vit des heures plus apaisées. Au point d’ailleurs de ne plus être du tout certain de vouloir ajouter à son œuvre (quatre livres) bâtie autour de l’amour, la souffrance, la tendresse et l’espoir.
Ce dont il est sûr, toutefois, c’est que sa femme aura droit, elle, à un vibrant message d’amour lors de la Saint-Valentin. « Elle a tant fait pour moi », explique-t-il, l’oeil un peu humide.
Parions que les mots qu’il choisira à cette occasion auront non seulement l’odeur d’une rose, mais exprimeront avec justesse les sentiments qui les ont fait naître.














