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Spence lance une série de présentations publiques sur le projet d'incinérateur

Spence lance une série de présentations publiques sur le projet d'incinérateur

Corey Spence, Mayor of Allumette Island, makes the case for the proposed garbage incinerator at a town hall-styled meeting in Allumette Island on Monday evening, the first of five public information sessions being convened across the Pontiac over the coming weeks.
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charles.dickson@theequity.ca

par Charles Dickson

L’Isle-aux-Allumettes

25 mars 2024

La Salle St. Joseph, à L’Isle-aux-Allumettes, était presque à pleine capacité lundi soir, avec près de 100 personnes présentes pour une réunion d’information sur le projet d’incinérateur de déchets proposé pour le Pontiac.

Ce rassemblement était le premier d’une série de séances d’information publiques de type assemblée citoyenne qui seront organisées dans l’ensemble du Pontiac au cours des prochaines semaines. Annoncée par la préfète du Pontiac, Jane Toller, seulement cinq jours auparavant, lors de la réunion publique des maires de mercredi soir dernier, cette série convoquée à la hâte fait suite à une vague d’inquiétude publique concernant le projet proposé qui a pris de l’ampleur au cours des dernières semaines.

Le maire de L’Isle-aux-Allumettes, Corey Spence, a fait la présentation au nom de la MRC de Pontiac. Il a commencé par montrer une série de vidéos sur l’économie circulaire et le concept de zéro déchet, expliquant comment les déchets peuvent être minimisés par la réduction de la consommation, la réparation et la réutilisation de produits au lieu de les jeter, et le recyclage des matériaux, arrivant à la conclusion que, avec l’ajout du compostage, les déchets municipaux peuvent être réduits jusqu’à 90 %.

M. Spence a présenté une analyse favorable des points soulevés par le Dr Paul Connett, l’un des conférenciers lors de la séance d’information publique organisée par les Citoyens du Pontiac à Campbell’s Bay le 2 mars, et dont la vidéo, très critique à l’égard de l’incinération des déchets, a circulé localement via les médias sociaux au cours des dernières semaines. Le maire a donné un aperçu du fonctionnement des systèmes d’enfouissement et de valorisation énergétique des déchets, avant de passer à une présentation de ce qui a été appelé l’étude de cas initiale (ECI), développée par les cabinets de conseil Deloitte et Ramboll. À ce stade, la présentation a pris la forme d’une succession rapide de diapositives à forte teneur textuelle, avec des mots bien trop nombreux et trop petits pour être lus depuis l’auditoire, M. Spence lisant des passages de l’écran si rapidement et sans l’aide d’un microphone qu’il était souvent impossible de discerner ce qu’il disait.

Ce qui est ressorti est que la question essentielle abordée par l’ECI est de savoir comment l’option de valorisation énergétique des déchets (VÉD) se compare à l’élimination des déchets dans des sites d’enfouissement, basée sur un volume de 400 000 tonnes de déchets. M. Spence a présenté à l’auditoire plusieurs points de comparaison entre les deux systèmes de gestion des déchets, y compris le coût à long terme et la neutralité carbone, entre autres, à partir desquels l’analyse de l’ECI a conclu que l’option VÉD était supérieure à un site d’enfouissement.

L’ECI a également examiné trois options concernant la conception, la construction, l’exploitation et l’entretien de l’usine de VÉD envisagée, avec des implications quant à la mesure dans laquelle l’installation résultante serait détenue par le secteur privé ou public. Sur cette question, le rapport recommande que l’installation ne devrait être ni entièrement privée ni entièrement publique, mais plutôt l’option « juste milieu » de 75 % public et 25 % privé. La base de cette conclusion est la nécessité de centaines de millions de dollars pour financer le projet, indiquant clairement qu’un investissement public très important sera nécessaire pour que le projet soit viable.

Selon l’ECI, les coûts d’immobilisation totaux pour l’installation, qui incluraient l’utilisation de la technologie de capture du dioxyde de carbone qu’elle produit, s’élèveraient à 605 millions de dollars, soit 25 % de plus que le prix de 450 millions de dollars initialement prévu pour le projet. M. Spence a déclaré que cela représenterait évidemment une dépense impossible pour la population du Pontiac de seulement 14 000 personnes sans des subventions de plusieurs millions de dollars des gouvernements fédéral et des provinces du Québec et de l’Ontario.

Il a dit que si l’on commençait maintenant, l’installation pourrait être opérationnelle d’ici 2032.

Lors de la période de questions qui a suivi, M. Spence a demandé si quelqu’un savait pourquoi tant d’incinérateurs étaient fermés en Europe, et a dit que c’était parce que les pays étaient passés au zéro déchet et que les incinérateurs étaient trop grands pour le volume de déchets désormais disponible.

Il a dit que l’objectif de 400 000 tonnes utilisé dans la planification du projet d’incinérateur du Pontiac aurait pu être erroné, compte tenu de la réduction significative du volume de déchets générés à Ottawa grâce à l’adoption de stratégies zéro déchet. La préfète Jane Toller, qui a assisté à la réunion, a déclaré avoir appris que le volume de déchets d’Ottawa était passé de 300 000 tonnes par an à probablement 100 000 tonnes.

Interrogée par Judith Spence, des Citoyens du Pontiac, sur l’existence de toute documentation encore disponible concernant une tentative de Denzil Spence, ancien maire de L’Isle-aux-Allumettes, de lancer un projet d’incinérateur de déchets, la préfète Toller a rappelé qu’en 2012, le Pontiac avait exprimé à Gatineau son intérêt pour un projet d’incinérateur, mais que le projet avait été arrêté en raison d’une quantité de déchets insuffisante.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi Deloitte et Ramboll, travaillant sous un contrat de plus de 100 000 $, n’avaient pas été réorientés par la MRC de Pontiac pour modifier leur analyse vers un tonnage inférieur, M. Spence a répondu en substance que le projet était trop avancé pour changer de cap.

Linda Davis, du groupe Arrêtez l’incinérateur du Pontiac, a demandé comment la question de savoir s’il faut ou non poursuivre le projet VÉD peut être tranchée avant qu’une évaluation environnementale ne soit achevée, laquelle, dans le cas de l’installation de Durham York, a coûté 29 millions de dollars, selon elle. M. Spence a acquiescé et a déclaré qu’une telle évaluation serait menée.

Une femme qui s’est identifiée comme agricultrice de longue date a décrit les toxines sortant des cheminées d’incinérateurs, atterrissant sur les champs et étant mangées par les animaux que nous élevons, et a demandé : « Pourquoi n’avons-nous pas commencé par une évaluation environnementale bien avant de nous lancer dans l’étude de cas ? »

Jordan Evans, agriculteur à Waltham, a rappelé que M. Spence avait dit que des mesures de réhabilitation seraient nécessaires dans le cadre du projet, mais que les coûts de nettoyage n’étaient pas inclus dans l’étude de l’ECI, et a demandé : « Comment pouvez-vous identifier un gagnant sans les coûts de réhabilitation ? »

Une femme de Thorne a demandé pourquoi la base de comparaison de l’ECI était entre l’incinération de 400 000 tonnes de déchets et l’enfouissement du même volume, faisant valoir que le Pontiac ne produit que 5 000 tonnes de déchets par an et qu’il n’a jamais été question d’enfouir les 400 000 tonnes de déchets d’Ottawa ici.

Jennifer Quaile, conseillère municipale à Otter Lake et membre des Amis du Pontiac, a posé des questions sur le résultat de la récente rencontre de la préfète avec le ministre de l’Environnement, et si celui-ci était réceptif à l’idée d’amener les déchets de l’Ontario au Québec. La préfète a dit : « Les déchets de l’Ontario ne sont pas autorisés s’ils sont destinés à un site d’enfouissement, et ils ne soutiennent pas l’incinération si elle n’est qu’une combustion à l’air libre ; il faut que ça s’inscrive dans une économie circulaire. »

La participation d’une centaine de personnes à la séance d’information de lundi soir fait suite à la présence d’environ 40 personnes à la réunion du Conseil des maires de la MRC de Pontiac de mercredi dernier pour exprimer leurs préoccupations concernant les implications environnementales et sanitaires de l’incinérateur proposé, parmi d’autres aspects du projet. En réponse, la préfète Toller a donné l’assurance que « la MRC de Pontiac n’ira jamais de l’avant avec un projet qui serait malsain pour nos résidents, nos animaux ou notre environnement. »

Lors de la réunion du Conseil des maires de la semaine dernière, Linda Davis a demandé pourquoi le plan d’affaires de Deloitte/Ramboll n’était pas divulgué. « Nous l’avons payé, pourquoi ne nous permettez-vous pas de l’avoir ? »

« Il sera disponible sur un écran », a déclaré la préfète Toller, faisant référence au plan de projeter des extraits du plan d’affaires sur des écrans lors des séances d’information publiques.

« Je ne sais pas si vous repartirez avec votre propre copie, mais prenez de bonnes notes, vous savez, vous pouvez l’analyser autant que vous le souhaitez », a dit la préfète.

Dans une entrevue diffusée par CHIP-FM jeudi dernier, le journaliste Caleb Nickerson a demandé à la préfète pourquoi le document n’était pas rendu public.

« C’est très technique et certaines personnes le liront sans en retirer grand-chose », a déclaré Mme Toller.

« Je pense qu’il est important de le présenter et de pouvoir obtenir des explications et des réponses aux questions », a-t-elle ajouté.

Interpellée par Nickerson sur les raisons pour lesquelles le document ne pouvait pas être divulgué, Mme Toller lui a demandé d’éteindre son enregistreur, ce que Nickerson a refusé de faire. La préfète a ensuite offert une autre réponse.

« Cela a été extrêmement difficile, avec certaines informations données qui ont fait peur à beaucoup de gens, et c’est regrettable », a-elle dit. « Et nous aimerions rassurer les gens avec nos informations, et nous aimerions avoir la chance d’organiser des assemblées publiques bien fréquentées. Si nous le mettons simplement en ligne et que tout le monde le lit, personne ne viendra aux réunions. »

Les quatre autres assemblées publiques seront :

  • 27 mars – Fort-Coulonge,

    Club de l’Âge d’Or, 566, rue Baume

  • 3 avril – Shawville,

    Salle de l’Église unie, 410, rue Main

  • 9 avril – Campbell’s Bay,

    Centre RA, 2, rue Second

  • 10 avril – Otter Lake,

    Centre RA, 394, rue Tessier

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