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Élection 2019 : ce que disent vos candidats ?

Élection 2019 : ce que disent vos candidats ?

caleb@theequity.ca

CALEB NICKERSON

PONTIAC 25 septembre 2019

À l’approche de l’élection fédérale du 21 octobre, The Equity posera des questions aux candidats qui briguent un siège dans Pontiac. Les lecteurs peuvent envoyer leurs questions à editor@theequity.ca pour qu’elles soient publiées dans les éditions à venir. Les questions doivent s’appliquer à tous les candidats et être d’une portée suffisante pour y répondre en 200 à 300 mots. Les abonnés devraient également surveiller la publication en ligne cette semaine d’une série d’entrevues vidéo avec tous les candidats, que The Equity publiera.

La deuxième question à laquelle les candidats ont répondu était une question en deux parties, soumise par Valerie Needham, résidente de Sheenboro :

1- Quelle est votre position sur la construction de l’Installation de gestion des déchets près de la surface (IGDNPS) à Chalk River ?

2- Quelle est votre position sur le projet de développement de petits réacteurs modulaires (PRM) à Chalk River ?

Denise Giroux – NPD

1 – Monsieur Amos a déjà déclaré que la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) mènerait un « processus indépendant et fondé sur la science » pour évaluer la sécurité des plans d’élimination des déchets radioactifs de SNC Lavalin sur le site de Chalk River.

En tant qu’avocat, M. Amos aurait dû être conscient que les pratiques d’évaluation de la CCSN sont faibles et que ses normes de sécurité sont bien inférieures aux normes internationales en matière de gestion des déchets nucléaires. Les Libéraux espéraient que cette gabegie pourrait passer inaperçue, mais l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a publié un rapport accablant la semaine dernière, révélant à quel point son parti est prêt à ignorer les risques réels afin de payer ses amis de SNC Lavalin 1 milliard de dollars par an !

Même un élève de sixième année en sciences comprend que des tonnes de déchets nucléaires empilées sur une roche poreuse juste à côté de l’eau potable de millions de Canadiens est une folie ; la radioactivité ne peut pas être filtrée et dure des milliers d’années. Cela signifie la mort de la rivière des Outaouais et de toutes les créatures qui y vivent.

Nous ne pouvons pas faire confiance à la Commission de sûreté nucléaire. L’AIEA rapporte que les règles de la Commission qui « guident » leur évaluation de propositions comme celles de SNC Lavalin sont inadéquates. Composée d’amis de Harper et de Trudeau, elle ne compte aucun expert en santé publique ou en gestion des déchets (c’est-à-dire ne faisant pas partie de l’industrie) ; aucun d’entre eux n’ose se demander si la gestion des déchets nucléaires devrait être confiée à des entreprises à but lucratif.

Le Canada a besoin d’une stratégie pour la gestion des déchets radioactifs. Il doit harmoniser les exigences de la Commission en matière de radioprotection avec les normes de sécurité internationales au minimum avant qu’un projet ne soit approuvé. Même maintenant, M. Amos suggère que les électeurs devraient être satisfaits qu’il ait demandé à SNC de modifier sa proposition pour le même emplacement. Jusqu’où est-il prêt à suivre aveuglément les exigences de son chef pour protéger leurs amis riches et puissants ? Amos défend l’indéfendable. La région mérite un député qui agit conformément à ses paroles.

2 – Ce projet ne peut pas aller de l’avant : il est inutile, coûteux et polluant ; l’énergie nucléaire est en perte de vitesse dans une grande partie du monde occidental. Qui en profite ? Seule l’industrie nucléaire ; il n’y a aucune justification commerciale à l’expansion de l’approvisionnement énergétique du Canada dans cette direction. Le modèle est encore en développement, et son bilan en matière de sécurité est peu reluisant. Il n’y a pas de plan de démantèlement du réacteur ni de gestion des déchets générés ; les développeurs comptent sur les mêmes amis de SNC Lavalin pour gérer tous les déchets radioactifs générés par le réacteur dans l’énorme monticule à côté de la rivière. Nous devons insister pour que l’argent utilisé dans ce projet soit réorienté vers des sources d’énergie alternatives sûres.

Jonathan Carreiro-Benoit – Bloc Québécois

1- C’est en fait un désastre total, nous sommes en 2019. Vous savez, que vous soyez d’accord ou non avec ce projet, vous devriez prendre du recul et considérer le potentiel de catastrophe. Imaginons que l’Installation de gestion des déchets près de la surface subisse une brèche, le bassin des Grands Lacs serait essentiellement contaminé. Même si la sécurité est la priorité numéro un, je ne prendrai pas ce grand risque. Je pense que le gouvernement fédéral devrait prendre part à la transition économique et sociale pour notre avenir. Le développement durable s’harmonise avec l’énergie verte et, comme je viens de le dire, si nous avons des investissements pour ce type de projet dans Pontiac, nous sommes en mesure de promouvoir l’hydroélectricité du Québec et toutes nos PME. Le plan du Bloc est construit pour l’avenir de nos familles et de nos industries. Nous devons donc agir de manière plus sûre et logique avec l’environnement.

2- Il est évident que je m’opposerai catégoriquement à ce projet. Comme pour l’Installation de gestion des déchets près de la surface, les petits réacteurs modulaires ne vont pas dans le sens d’une idée respectueuse de l’environnement. Ce n’est donc pas un développement durable, et cela nuira à la qualité de vie de la population près de Chalk River et à la beauté des paysages. Il existe tant de façons d’obtenir et de produire de l’énergie avec des ressources renouvelables. Le développement de petits réacteurs modulaires ne change rien au fait que l’énergie nucléaire présente des dangers et n’est pas une ressource verte. Nous devons investir cet argent dans le développement de projets et d’énergies respectueux de l’environnement comme l’éolien ou l’hydroélectricité. Nous devons penser à l’avenir des prochaines générations.

Dave Blackburn – Parti conservateur

Je ne suis pas en mesure de commenter cette question car la plateforme électorale du Parti conservateur n’a pas encore été publiée.

Cependant, à titre personnel, j’ai de sérieuses inquiétudes quant à l’installation d’une décharge nucléaire à quelques mètres de la rivière des Outaouais. Je suis chercheur universitaire de formation et pour moi, il est absolument essentiel d’avoir des résultats de recherche scientifique indépendants pour considérer tous les tenants et aboutissants de cette question importante.

Will Amos – Parti libéral

1- J’ai toujours été un ardent défenseur de la protection de la rivière des Outaouais, et je soutiendrai toujours des mesures plus strictes pour nous assurer que nous pourrons nager, boire et pêcher dans notre bassin versant pour les générations à venir. Il ne fait aucun doute que notre gouvernement libéral s’est engagé à résoudre la responsabilité en matière de déchets radioactifs que Chalk River représente déjà.

J’ai fait preuve de transparence, de responsabilité et d’engagement actif auprès des électeurs, des groupes et de CNL concernant le dossier de l’IGDNPS. Dès 2016, j’ai porté les préoccupations des électeurs de Pontiac à l’attention de notre gouvernement libéral et de la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Cela a conduit, en partie, à des demandes formelles de départements fédéraux comme Environnement Canada et Pêches et Océans Canada (MPO) pour que CNL fournisse des informations de projet plus détaillées avant de pouvoir soumettre un projet final pour examen par la Commission. CNL n’a pas encore soumis d’informations complètes et aucune proposition de projet finale n’a été transmise à la CCSN à ce jour. Je resterai pleinement engagé dans ce processus et ne transigerai jamais sur la protection de la rivière des Outaouais.

2 – Nous savons tous que nous devons passer des combustibles fossiles à des sources d’énergie propres et durables. La technologie nucléaire a le potentiel de produire une source d’énergie propre, y compris pour les communautés rurales et éloignées. Au Canada, les activités nucléaires relèvent de la compétence constitutionnelle du gouvernement fédéral. Son rôle englobe la recherche et le développement, ainsi que la réglementation de toutes les matières et activités nucléaires au Canada. Le gouvernement fédéral a mis en place un cadre législatif complet axé sur la protection de la santé, de la sécurité, de la sûreté et de l’environnement. Cela dit, la décision d’investir dans la production d’électricité appartient aux provinces. Il appartient aux provinces, en concertation avec les organisations énergétiques provinciales/services publics d’électricité pertinents, de déterminer si de nouvelles centrales nucléaires devraient être construites ou non.

Par conséquent, bien qu’un gouvernement libéral accorde toujours la plus haute priorité à la santé, à la sécurité, à la sûreté et à l’environnement en ce qui concerne les activités nucléaires au Canada, l’Ontario serait responsable de déterminer si le projet de petits réacteurs modulaires proposé pourrait aller de l’avant à Chalk River. Une licence de la Commission canadienne de sûreté nucléaire serait également requise pour le projet, et une évaluation environnementale fédérale doit être complétée avant qu’une licence puisse être accordée. En tant que député, je me battrai toujours pour la protection du bassin versant de la rivière des Outaouais.

Mario Belec – Parti populaire

1 – L’une de nos priorités environnementales est la protection de l’eau, du sol et de l’air, et dans cette perspective, il est impératif que le complexe de Chalk River soit déplacé beaucoup plus à l’intérieur des terres, nous voulons également nous assurer, dans le cadre de notre engagement environnemental, que tous les Canadiens, y compris les Premières Nations, aient accès à de l’eau potable salubre, nous voulons un pays qui prospère à la fois économiquement et environnementalement, ce sera notre héritage pour les générations futures.

2 – Si nous regardons vraiment le fond des choses, nous réalisons que si nous voulons vraiment être verts pour la planète, l’énergie nucléaire est la plus propre. Maintenant, sommes-nous prêts à prendre le risque ? Personnellement, je crois que la nouvelle génération de complexe nucléaire est à la fine pointe de la technologie, mais nous devons encore convaincre le reste de la population. Peu importe que nous soyons pour ou contre l’énergie nucléaire, l’installation de Chalk River n’a pas le droit d’être le long de notre rivière, encore une fois elle devrait être déplacée à l’intérieur des terres.

Claude Bertrand – Parti Vert

1- En tant que candidat du Parti Vert, je m’oppose fermement à la construction du site de stockage proposé à proximité de l’installation nucléaire de Chalk River.

La construction de ce site d’enfouissement de déchets nucléaires en surface est inacceptable, principalement en raison de l’emplacement proposé. Tout risque de fuite ou d’infiltration de matériaux radioactifs dans la rivière des Outaouais minera la confiance dans la sécurité de l’approvisionnement en eau pour les millions de personnes qui vivent le long de la rivière des Outaouais et du Saint-Laurent.

La principale motivation de CNL pour enfouir les déchets nucléaires de faible intensité sur le site de Chalk River est financière ; ils veulent économiser de l’argent. Toute installation de stockage nucléaire nécessitera du personnel pour superviser l’installation, recueillir des échantillons d’eau et mesurer la radioactivité à proximité du site sur une base régulière. Si l’installation était située dans un emplacement plus éloigné, loin d’un affluent majeur, le coût de maintenir des ingénieurs et des techniciens nucléaires à un tel emplacement serait supérieur à celui qu’il y aurait si le site de stockage était maintenu à Chalk River.

Non seulement CNL prévoit de déterrer les déchets nucléaires de faible intensité qui sont actuellement enfouis à Chalk River, même si elle n’a pas encore reçu l’approbation de la Commission canadienne de sûreté nucléaire pour construire l’installation, mais CNL a déjà commencé à recevoir des déchets d’autres centrales nucléaires du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et même des États-Unis. Ainsi, on pourrait dire que le site d’enfouissement de déchets nucléaires en surface proposé n’est qu’un « pied dans la porte » et qu’il n’est peut-être pas déraisonnable de suspecter que ce site de stockage de faible intensité n’est pas le but ultime de CNL.

Au début, CNL avait déclaré son intention de stocker des déchets nucléaires de faible et moyenne intensité, mais après un tollé général, CNL a renoncé au stockage des déchets nucléaires de moyenne intensité. Il faut dire que la distinction entre faible et moyenne intensité n’est pas complètement claire.

Sans surprise, le bilan des pratiques de CNL en matière de stockage de ses déchets nucléaires n’est pas exemplaire. Il y a à peine deux semaines, une équipe internationale de 24 spécialistes, dont 20 experts en réglementation nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a mené un audit à la demande de cinq Premières Nations et de 40 groupes de citoyens concernés. Dans son rapport, l’AIEA recommande au gouvernement canadien de renforcer ses politiques et stratégies de gestion concernant les déchets nucléaires. Elle suggère également que la CCSN envisage d’harmoniser ses normes de sûreté avec celles de l’AIEA.

2 – Certains saluent le concept de petits réacteurs modulaires (PRM) comme le nouveau début de la production d’électricité nucléaire. Un certain nombre de conceptions sont recherchées et développées aux États-Unis et dans d’autres pays, mais comme tout ce qui implique l’énergie nucléaire, la conception, le prototypage et les essais à long terme de ces conceptions est une très longue entreprise.

Maintenant que nous faisons face à une urgence climatique, il a été dit que les PRM pourraient être le pont énergétique dont notre société a besoin pour produire de l’électricité après l’abandon des centrales au charbon, au gaz naturel et au diesel. Nous devons garder à l’esprit que même si nous construisons des voitures depuis longtemps, il faut encore de trois à cinq ans pour concevoir, construire et tester des voitures, même si elles intègrent toutes des technologies éprouvées. Il faudra un très long temps pour développer, prototyper, tester et affiner les PRM, et un très long temps pour tester leur fiabilité et leur durabilité afin de démontrer la sécurité de ces réacteurs.

Plus important encore, le talon d’Achille du dossier de l’énergie nucléaire reste la question de l’élimination des déchets. À ce jour, il n’existe aucune solution permanente pour l’élimination des déchets nucléaires. Le Parti Vert du Canada ne peut soutenir une stratégie d’énergie nucléaire pour laquelle il n’existe aucune solution prouvée d’élimination des déchets à long terme.

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