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June 18, 2026

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Un manque de bonnes décisions

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Notre système de santé nous fait défaut à bien des égards, mais sans que ce soit de sa faute. C’est un échec qui s’est construit sur une longue période, les décisions politiques ayant lentement miné le système de santé. Aujourd’hui, nous en contemplons les résultats : des urgences débordantes, des personnes âgées laissées en attente de soins, des hôpitaux pédiatriques submergés, des résidences pour aînés mises sous tutelle et des travailleurs de la santé qui « désertent » parce qu’ils estiment que leur emploi n’en vaut tout simplement pas la peine.

C’est par une série de décisions prises aux différents échelons politiques qui, à mon humble avis, ont mené le système au bord du gouffre.

Financement — L’argent alloué à la santé dans tout budget provincial provient en partie du Fonds fédéral de transfert en santé. Le facteur d’indexation était fixé à six pour cent par an, mais il a été réduit à trois pour cent il y a quelques années. Les provinces se sont donc retrouvées avec moins d’argent de transfert pour leurs budgets de santé. Nous savons tous qu’aucun gouvernement ne veut augmenter les impôts pour compenser, de sorte que les budgets provinciaux de la santé ont tous été inférieurs aux niveaux requis pour offrir tous les services nécessaires. Maintenant, face à des besoins toujours croissants, pourquoi le gouvernement fédéral tarde-t-il à offrir davantage de fonds de transfert ?

Les besoins changeants d’une population vieillissante — La génération du baby-boom a beaucoup contribué à la société, mais en vieillissant, elle exerce naturellement plus de pressions sur le système de santé. Était-ce prévisible ? Oui, bien sûr, et beaucoup tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Mais le plan de passer de services centrés sur l’hôpital à des services de soins à domicile, comme cela a été fait dans de nombreux pays, n’a jamais été entièrement mis en œuvre ici.

Bien que nous ayons des chirurgies d’un jour avec des soins à domicile dans une certaine mesure, les soins à domicile pour les personnes âgées, au lieu d’un séjour en résidence, ne sont pas aussi répandus. Il en va de même pour les patients en phase terminale. Ces mesures soulageraient la pression que nous observons dans les hôpitaux, alors que de nombreux patients pourraient et devraient recevoir des soins ailleurs. Pourquoi les soins à domicile ne sont-ils pas entièrement mis en œuvre ?

La main-d’œuvre en mutation — Alors que les baby-boomers prennent leur retraite, de nombreux emplois deviennent disponibles. Les jeunes générations ont de nombreuses opportunités qui s’offrent à elles. Alors qu’ils recherchent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ils sont facilement disposés à changer de voie au cours de leur carrière et même à retourner aux études pour trouver un emploi qui offre cet équilibre. Cela désavantage grandement les services de santé. Qui veut travailler une fin de semaine sur deux ? Qui veut être forcé de faire des heures supplémentaires en raison du manque de personnel ? Qui veut travailler aussi dur pour un salaire moyen et peu de reconnaissance ? Qui veut travailler pour un système qui semble ne pas vouloir écouter les suggestions que vous offrez pour améliorer votre travail ? Qui est prêt à travailler dans un emploi qui offre aux travailleurs du secteur privé de meilleurs horaires, conditions et salaires que votre propre emploi ? La pandémie a exacerbé tous ces irritants, et nous voyons de nombreux travailleurs de la santé changer ou du moins envisager de changer de voie. Y a-t-il des ministres de la Santé prêts à relever ces défis majeurs pour aider à améliorer les conditions de travail ?

Promesses de plus…

Il y a eu des promesses de services supplémentaires offerts par d’autres travailleurs du secteur de la santé. Les négociations avec la profession médicale ont permis aux pharmaciens de diagnostiquer et de traiter des problèmes de santé mineurs et ont accru le niveau d’engagement des infirmières praticiennes spécialisées dans la prestation de services médicaux et, par conséquent, celui des infirmières régulières également. Mais ces négociations ont été longues et difficiles, et on se demande pourquoi elles n’ont pas été lancées il y a de nombreuses années afin d’avoir plus de travailleurs de la santé prêts à donner un coup de main dès maintenant ?

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Avec la promesse d’une cohorte de 2 000 infirmières praticiennes spécialisées, seulement 1 100 ont été certifiées jusqu’à présent. Cela semblait être une voie intéressante pour les infirmières qui voulaient en faire plus, mais les conditions ne sont-elles pas attrayantes ? Le salaire n’est-il pas suffisant ? Sont-elles trop limitées dans les services qu’elles peuvent offrir ? Suffisamment d’efforts ont-ils été déployés pour le recrutement ?

Concernant la promesse de plus de médecins de famille

Le nombre d’admissions dans les facultés de médecine au Québec par an est généralement inférieur à 1 000, et seulement 45 pour cent d’entre eux choisissent la médecine familiale, ce qui donne environ 400 nouveaux médecins de famille par an. En 2022, un médecin sur quatre a plus de 60 ans et est en voie de retraite partielle ou complète. La probabilité que chacun d’entre nous puisse avoir un médecin de famille n’est pas si élevée. Pourquoi le nombre d’admissions dans les facultés de médecine n’a-t-il pas été augmenté alors que la population a besoin de plus de médecins et que de plus en plus de médecins prennent leur retraite ?

Si les gouvernements successifs avaient pris de bonnes décisions, avaient été plus proactifs et avaient agi rapidement pour modifier les parties du système qui en avaient besoin, nos hôpitaux ne seraient peut-être pas à genoux. Compte tenu des décisions majeures et des changements significatifs qui doivent être apportés, et qui devraient être faits sans se soucier de marquer des points politiques ou en vue des prochaines élections, nous devons nous demander si la politique devrait jouer un si grand rôle dans la gestion de nos services de santé ?

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