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June 18, 2026

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Le Pontiac se mobilise contre la Loi 2

Le Pontiac se mobilise contre la Loi 2

GMF coordinator says six doctors have plans to leave

Sheila Crawford (left) and Litchfield mayor Colleen Larivière (right) show off their signs at Sunday’s protest. Photo: Sophie Kuijper Dickson.
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sophie@theequity.ca

La chute de neige de dimanche n’a pas dissuadé la foule de résidents du Pontiac, déterminés à exprimer leur désaccord à l’égard de la dernière législation en matière de soins de santé du gouvernement du Québec. 

Plus de 100 personnes se sont rassemblées devant l’Hôpital du Pontiac pour protester contre la Loi 2 de la province, qui doit entrer en vigueur en janvier et qui liera la rémunération des médecins à des indicateurs de performance, y compris le nombre de patients qu’ils voient et leur niveau de vulnérabilité. 

La province a présenté ces nouvelles réglementations comme nécessaires pour que 1,5 million de Québécois, actuellement sur des listes d’attente pour un médecin de famille, aient accès aux soins de première ligne. 

Mais alors que la loi était en cours d’élaboration au cours de l’été, et depuis qu’elle a été adoptée de force par l’Assemblée nationale fin octobre, les médecins ont ouvertement critiqué son approche de la réforme des soins de santé, qui, selon eux, les pousserait à pratiquer ce qui a été appelé de la « médecine fast-food », privilégiant le volume à la qualité des soins. 

Au cours du dernier mois, des centaines de médecins québécois ont demandé des permis au Nouveau-Brunswick et en Ontario, et plusieurs associations de médecins ont annoncé leur intention de poursuivre le gouvernement en justice concernant ces nouvelles règles. 

Et dimanche, ces médecins ont trouvé un petit mais vocal contingent d’alliés dans la partie la plus occidentale de la province, rassemblés par le groupe de défense des soins de santé local, Pontiac Voice. 

« Les gens demandaient [un rassemblement] », a déclaré la porte-parole du groupe, Josey Bouchard. « Ils disaient que nous voulions montrer que nous faisons partie de l’Outaouais et que nous sommes également préoccupés par ce qui se passe. »

La porte-parole de Pontiac Voice, Josey Bouchard, s’adresse à la foule rassemblée devant l’Hôpital du Pontiac. Photo : Sophie Kuijper Dickson.

Parmi les personnes présentes se trouvait Danielle Romain, la coordonnatrice du GMF du Pontiac qui gère la médecine familiale dans tout le comté, notamment en veillant à ce qu’il y ait suffisamment de médecins pour répondre aux besoins de la population. 

Elle a indiqué que le réseau du Pontiac, qui compte 25 médecins de famille, n’a actuellement pas de patients orphelins, ce qui signifie que, bien que tous n’aient pas été jumelés à un médecin, ils peuvent accéder aux soins de première ligne par le système de GMF.

Mais elle a déclaré que depuis l’introduction de la Loi 2, six médecins ont indiqué leur intention de fermer leur pratique ou de la déménager ailleurs. 

« Certains dès le 1er janvier, à cause de cette loi », a-t-elle dit, notant que deux prennent une retraite anticipée, un ne reviendra pas après un congé, et les trois autres envisagent de déménager en Ontario. 

« Avec ces six-là, s’ils partent réellement, 35 % de mes patients perdront leur médecin de famille. Et il y en a d’autres qui en parlent. Et je ne les blâme pas, car je ne voudrais pas rester et être traitée comme ça. Mais alors, je pleure aussi, parce que qu’est-ce que nos communautés vont faire ? »

Elle a déclaré que, selon elle, la loi impose un fardeau injuste aux médecins pour réparer un système défaillant.

« Je comprends la nécessité de pouvoir s’organiser pour que plus de gens aient accès, mais c’est tellement coercitif, et basé sur la performance, ce n’est pas réaliste. [ . . . ] Surtout ici, dans les zones rurales, où [les médecins] exercent toutes sortes d’activités — ils doivent être aux urgences pour un quart de travail, ils prodiguent des soins hospitaliers, les soins aux patients dans les établissements de longue durée, donc ils ont différents types de garde qui limitent leur capacité dans les cliniques à voir tous les patients. Ce n’est pas qu’ils sont paresseux, ou qu’ils ne font pas les heures. » 

La coordonnatrice du GMF du Pontiac, Danielle Romain (à gauche), et la secrétaire médicale Nancy Dufault (à droite) ont déclaré que le projet de loi imposait une responsabilité injuste aux médecins pour réparer un système de soins de santé défaillant. Photo : Sophie Kuijper Dickson.

Le Dr Thomas O’Neill, également présent au rassemblement de dimanche, s’est exprimé ouvertement sur la Loi 2 depuis ses débuts, lorsqu’elle était désignée sous le nom de Projet de loi 106. 

Lui-même approchant de la retraite après une carrière dans le Pontiac, le Dr O’Neill a averti que le projet de loi n’aurait pas l’effet souhaité et ajouterait plutôt plus de pression sur ses collègues déjà débordés. 

« C’est ma province. J’aimerais faire de mon mieux pour elle. Je pense que le problème que nous avons actuellement est que le gouvernement ne parvient pas à réaliser que la pénurie de médecins est partout au Canada, ce n’est pas seulement au Québec. Alors ils encouragent vraiment mes collègues que je respecte beaucoup, à traverser la frontière », a-t-il dit dimanche. 

« Le grand problème que j’ai, c’est que nos médecins, qui sont blâmés par le gouvernement, se soucient de leurs patients. On les accuse d’avoir abandonné 1,5 million de Québécois, alors qu’en réalité, ils n’ont jamais produit assez de médecins pour le faire au cours des 20 dernières années. [ . . . ] Le problème est un manque de respect pour ce qu’ils apportent. Et le problème, ce sont les conditions de travail, ce n’est pas vraiment une question de salaire. » 

La semaine dernière, un mois après l’adoption du projet de loi et le retrait des médecins des négociations avec la province à ce sujet, ils sont revenus à la table des négociations pour en discuter les détails. 

« Si une entente est conclue, le gouvernement accepterait des modifications à la Loi 2, sachant qu’une partie de la rémunération des médecins de famille demeure conditionnelle à la prise en charge d’un nombre accru de Québécois », peut-on lire dans une déclaration conjointe publiée le 26 novembre par François Legault et le Dr Marc-André Amyot, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). 

Dimanche, les manifestants ont uni leurs voix à celles de partout dans la province, exhortant le gouvernement du Québec à écouter. 

« Le gouvernement doit se réveiller », a déclaré la mairesse de Litchfield, Colleen Larivière. « J’ai connu beaucoup de gens qui ont siégé à Québec et la plupart d’entre eux écoutent. Mais ces gens n’écoutent pas, alors vous savez, on obtient des votes en écoutant les gens, n’est-ce pas ? Alors commencez à écouter. »

La mairesse de Bryson, Joanne Ralston (à gauche), et Jackie Ralston (à droite) ont fait part de leurs préoccupations quant à l’impact du projet de loi sur l’accès local aux soins de première ligne. Photo : Sophie Kuijper Dickson.

La mairesse de Bryson, Joanne Ralston, était également parmi les manifestants. Elle est à la retraite d’une carrière en tant que gestionnaire dans le réseau de la santé local, à la fois avant la centralisation des services pour créer le CISSSO, et après. 

« Ce sont des gens éloignés qui prennent des décisions concernant les services. Ils ne réalisent pas tout ce qui est fait ici avec un petit bassin de médecins et d’infirmières, et nous allons en perdre encore plus », a-t-elle dit.

« Surtout ici en Outaouais où nous sommes déjà sous-financés. » 

Lors de la réunion du conseil des maires de la MRC de Pontiac, le 26 novembre, le conseil a adopté une résolution demandant au premier ministre du Québec, François Legault, d’abroger la Loi 2 afin de protéger l’accès aux soins de santé dans la région. 

Une pétition soumise à l’Assemblée nationale appelant à l’abrogation de la loi a recueilli à ce jour 53 358 signatures. Elle se termine le 9 décembre.

Environ 100 personnes ont protesté contre la Loi 2 devant l’Hôpital du Pontiac dimanche. Photo : Sophie Kuijper Dickson.

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