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Le Pontiac risque de perdre son dernier bureau de protection de la faune

Le Pontiac risque de perdre son dernier bureau de protection de la faune

The wildlife protection office in Campbell’s Bay could be in danger of closing as part of a sweep of closures that would shutter 40 per cent of the province’s offices if carried out. Photo: K.C. Jordan
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kc@theequity.ca

Le dernier bureau de protection de la faune du Pontiac pourrait être menacé de fermeture, laissant la région sans aucun employé travaillant à l’intérieur de son territoire.

Selon Martin Perreault, président du syndicat des agents de protection de la faune du Québec, il y a trois semaines, le ministère de l’Environnement de la province a annoncé à ses gestionnaires régionaux qu’il prévoit fermer certains bureaux, bien qu’il ait déclaré qu’il n’est pas encore confirmé lesquels seront choisis, ni quand ils fermeront.

M. Perreault a indiqué que la province prévoit fermer à terme environ 40 % des bureaux, dont plusieurs qui n’ont plus que peu ou pas d’employés, y compris celui de Campbell’s Bay.

« Campbell’s Bay, n’ayant aucun agent, nous sommes pas mal sûrs [qu’il sera choisi pour la fermeture], » a-t-il dit, faisant référence au personnel entièrement assigné au bureau de Campbell’s Bay. Une employée administrative continue de travailler depuis ce bureau quelques jours par semaine.

Il y a environ 15 ans, le bureau des Rapides-des-Joachims a connu le même sort, certains de ces agents se retrouvant à Campbell’s Bay. À son apogée, le bureau comptait plus de 10 employés, dont certains étaient des agents de la faune, qui patrouillaient les plus de 14 000 kilomètres carrés sur le territoire.

Il y a deux ans, le dernier agent restant a quitté le bureau de Campbell’s Bay, laissant le bureau sans personnel pendant au moins un tiers de la semaine de travail et sans agents de la faune pour couvrir le territoire.

« Il a demandé au commandant régional quelles étaient les perspectives d’avoir des agents au bureau avec lui, et ils lui ont répondu qu’à court et à long terme, il n’y avait aucune perspective d’avoir qui que ce soit, » a dit M. Perreault à propos du dernier agent.

Selon M. Perreault, les agents de la faune sont désormais envoyés pour patrouiller le territoire de manière aléatoire, selon les besoins et la disponibilité. Il craint que la fermeture du bureau de Campbell’s Bay signifie que la région n’obtiendra pas le service dont elle a besoin.

« Nous ne sommes déjà pas nombreux [agents dans la province], et si le bureau de Campbell’s Bay ferme, les gens ne pourront pas être adéquatement couverts, » a-t-il affirmé.

Martin Riopel, un ancien agent de la faune qui a travaillé au bureau de Campbell’s Bay jusqu’en 2015, a déclaré que dans une région comme le Pontiac, qu’il a qualifiée de synonyme de chasse, de pêche et de trappe, les agents de protection de la faune sont aussi essentiels que la police.

« La protection de la faune est un service d’urgence, un service essentiel. Ce sont ces agents qui connaissent le mieux le territoire en dehors du réseau routier, » a-t-il expliqué.

M. Riopel a précisé que les responsabilités des agents vont des questions de sécurité publique, comme en cas d’animal échappé ou pour faire respecter la sécurité des armes à feu, à l’application des lois et des quotas. Il a ajouté qu’un manque d’agents sur le territoire pourrait signifier que ces éléments ne sont plus adéquatement appliqués.

« Les agents ont un rôle de communication avec le public pour expliquer leur rôle et leur fonction, et moins il y aura de personnes sur le terrain pour jouer ce genre de rôle, plus il y aura de personnes sur le terrain pour faire ce qu’elles veulent, » a-t-il dit.

Le ministère de l’Environnement de la province maintient qu’il n’y a aucune « rupture de service » et que le service de la protection de la faune « s’assure d’avoir une couverture la plus large possible sur le territoire en fonction des besoins, » selon un communiqué en français envoyé par la conseillère en communications Ève Morin Desrosiers.

« En aucun cas l’objectif n’est d’avoir moins d’agents sur le terrain [ . . . ] Une nouvelle cohorte de 29 agents vient d’être diplômée en juin. Notre organisation est consciente des besoins en matière de protection de la faune au Québec et est soucieuse de maintenir une couverture optimale du territoire québécois, » peut-on lire en partie dans le communiqué.

M. Perreault a déclaré que s’il est vrai qu’il y a de nouveaux diplômés, ils sont envoyés aux mêmes quelques bureaux année après année, laissant de nombreux bureaux ruraux en manque de personnel.

« Ils disent que ces bureaux vont donner un coup de main aux plus petits bureaux, mais ce n’est pas vrai – les petits bureaux ne fonctionneront que s’il y a une opération planifiée, » a-t-il déclaré. « Ce n’est pas vrai que des agents sont envoyés à droite et à gauche tous les jours. »

Il a ajouté que le ministère devrait essayer de répartir ces agents sur un territoire plus vaste pour s’assurer que toutes les régions de la province sont bien desservies.

« Les plaintes arrivent tout le temps, et même si vous avez 10 agents au bureau voisin, vous ne pouvez pas couvrir le territoire, » a déclaré M. Perreault à propos de la stratégie actuelle du gouvernement.

« S’il n’y a personne sur le territoire, le dossier finira à la poubelle et sera traité le lendemain ou le surlendemain. Mais si c’est une situation d’urgence, ça ne fonctionne pas. »

M. Perreault a affirmé que pour son syndicat, la seule façon de répondre adéquatement aux besoins du public est de placer des personnes à des postes près du territoire qu’ils desservent, et non dans un bureau central.

« Ils ne font que regarder les statistiques et essaient de faire le travail avec de la paperasse. Ce n’est pas la même chose, et cela ne peut fonctionner qu’en mettant des gens dans chaque bureau de la province. »

Le ministère n’a pas confirmé s’il avait une date avant laquelle il prendra une décision finale concernant les fermetures.

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