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Le Parti libéral du Québec en crise, Fortin promu leader parlementaire

Le Parti libéral du Québec en crise, Fortin promu leader parlementaire

Pablo Rodriguez speaks to media on Tuesday in Quebec City accompanied by André Fortin, who last week was promoted to parliamentary leader for the Quebec Liberal Party.
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caleb@theequity.ca

Une série de controverses a éclaté au sein du Parti libéral du Québec (PLQ) la semaine dernière, menant certains à remettre en question le jugement de son chef et résultant en la promotion du député de Pontiac, André Fortin, de whip du parti à leader parlementaire. 

Lundi, la leader parlementaire du PLQ, Marwah Rizqy, a congédié sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse, sans en aviser le chef du parti, Pablo Rodriguez. M. Rodriguez, un ancien ministre fédéral élu chef du parti en mars de cette année, ne détient pas de siège à l’Assemblée nationale. Il a confronté Mme Rizqy à ce sujet, en présence de leurs avocats respectifs, et l’a suspendue du parti lorsqu’elle a refusé de fournir des explications, qualifiant le tout de « rupture de confiance » dans un communiqué publié le 18 novembre. M. Rodriguez a ensuite promu M. Fortin de whip en chef à leader parlementaire, ce qui le rend de facto chef de l’opposition, l’ancien chef intérimaire Marc Tanguay occupant le rôle de whip. L’ancien député Patrick Huot agira à titre de chef de cabinet de M. Fortin. 

Mme Hinse, qui était la cheffe de cabinet de M. Rodriguez en politique fédérale, a déclaré avoir été congédiée sans motif et sans que Mme Rizqy ne lui indique ce qu’elle avait fait pour être destituée. Elle a intenté une poursuite de 500 000 $ vendredi, rapporte le Journal de Montréal.

Mme Rizqy, qui a été nommée leader parlementaire par M. Rodriguez en juin de cette année, a déclaré ne pas pouvoir discuter d’un dossier de ressources humaines. Elle a d’abord simplement affirmé qu’il s’agissait d’une « faute grave » et qu’elle avait l’autorité, en tant que leader parlementaire, de mettre fin à l’emploi de sa salariée. Dimanche, elle a publié une déclaration plus longue, affirmant avoir le soutien du service des ressources humaines de l’Assemblée nationale.

« Je tiens aussi à préciser que si [M. Rodriguez] et le nouveau chef de l’Opposition officielle, M. André Fortin, jugent que la décision que j’ai prise — tout en respectant les règles qui nous régissent — est la mauvaise, ils sont parfaitement libres de réengager l’ancienne cheffe de cabinet, » a-t-elle écrit en français.

Mme Rizqy était professeure de droit fiscal à l’Université de Sherbrooke avant d’être recrutée par M. Rodriguez pour se présenter au niveau fédéral lors des élections de 2015, où elle a perdu de justesse face au candidat du NPD par moins d’un pour cent des voix exprimées. Elle a été défaite pour l’investiture libérale fédérale dans la circonscription montréalaise de l’ancien chef de l’opposition Stéphane Dion, qui est parti pour le service diplomatique en 2017. 

Elle a été élue pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2018, puis à nouveau en 2022, avec des majorités écrasantes dans la région montréalaise, un bastion du PLQ.  

Mme Rizqy, qui a soutenu M. Rodriguez dans la course à la chefferie et était largement considérée comme une candidate vedette du parti, avait annoncé l’an dernier qu’elle ne briguerait pas un nouveau mandat en 2026 avant « au moins 15 ans », selon CBC News, précisant qu’elle souhaitait passer plus de temps à élever ses jeunes fils. Son mari, Greg Kelley, est également député du PLQ. 

M. Rodriguez nie avoir eu connaissance des « brownies » 

Une nouvelle tourmente a éclaté mercredi (le 19 novembre) lorsque l’équipe d’enquête du Journal de Montréal a publié un article faisant état d’échanges de messages texte qui montreraient prétendument que des partisans de M. Rodriguez auraient reçu des « brownies » (argot pour des billets de 100 $) pour voter pour lui lors de la course à la chefferie. M. Rodriguez a battu de peu l’ancien président de la Chambre de commerce du Québec, Charles Milliard, dont M. Fortin avait appuyé la candidature, avec 52,3 % contre 47,7 % lors d’un second tour.   

M. Rodriguez a déclaré n’avoir eu aucune connaissance de ce stratagème, s’il a existé, et a annoncé qu’une enquête indépendante sur ces allégations serait menée par l’ancien juge Jacques R. Fournier. 

M. Rodriguez a remis en question l’authenticité des messages texte, exigeant que le Journal de Montréal révèle comment ils ont été authentifiés ainsi que l’identité des personnes qui ont envoyé ces messages. 

L’éditeur du Journal, Dany Doucet, a maintenu l’histoire de son équipe et s’est dit « abasourdi » par les déclarations de M. Rodriguez.

« La protection des sources, essentielle à l’indépendance journalistique, est un principe fondamental de notre profession, largement protégé par la primauté du droit, et nous entendons le défendre vigoureusement, dans l’intérêt public, » a écrit M. Doucet dans un communiqué en français.

Deux députées identifiées par les médias comme étant les auteures des messages texte, la Libérale Sona Lkhoyan Olivier et la caquiste Alice Abou-Khalil, ont nié les avoir écrits, et ont toutes deux déclaré qu’elles appuieraient l’enquête sur cette affaire. 

Le PLQ a tenu plusieurs réunions de caucus au cours de la semaine en réponse à ces crises. 

M. Fortin et M. Rodriguez devaient initialement faire une tournée de la région de l’Outaouais les 18 et 19 novembre, tournée qui a été annulée à la lumière de ces nouvelles. THE EQUITY a demandé à plusieurs reprises un commentaire du bureau de M. Fortin, mais n’a pas reçu de réponse à temps pour la publication.

M. Fortin appelle M. Legault le « premier pénis du Québec »

La semaine précédant le déroulement de ces controverses, M. Fortin a lui-même fait les manchettes, alors qu’il était en vedette à l’émission satirique populaire Infoman de Radio-Canada le 13 novembre pour un lapsus à l’Assemblée nationale. Abordant la crise de l’industrie forestière québécoise, M. Fortin a fait référence par erreur à François Legault comme étant le « premier pénis » du Québec. 

« Le gouvernement du Québec, le premier pénis du Québec, » a-t-il dit, au lieu de premier ministre

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