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Que se passe-t-il donc dans le TNO Lac-Nilgaut?

Que se passe-t-il donc dans le TNO Lac-Nilgaut?

Jason Durand, MRC Pontiac director of land use planning, points to one corner of the TNO he would like to explore more.
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sophie@theequity.ca

The Equity s’est entretenu avec deux employés de la MRC de Pontiac qui consacrent beaucoup de temps à réfléchir et à s’occuper du vaste territoire, connu sous le nom de TNO Lac-Nilgaut, qui s’étend sur des centaines de kilomètres au nord des principaux centres de population de ce comté.

Jason Durand, directeur de l’aménagement du territoire à la MRC, et Richard Marenger, l’un des deux inspecteurs régionaux, connaissent tous deux le territoire comme le fond de leur poche, parce que leur travail l’exige, mais aussi parce que, depuis des décennies, ils ont passé une grande partie de leur temps libre sur l’un de ses lacs ou quelque part dans ses forêts. Voici une version condensée de ce qu’ils ont partagé.

Le TNO Lac-Nilgaut est une étendue sauvage de 8 646 kilomètres carrés située à l’intérieur des frontières de la MRC de Pontiac qui s’étend des limites nord des municipalités du comté jusqu’à inclure une partie de la réserve faunique La Vérendrye, au nord de Maniwaki.

Au total, ce territoire représente plus de 70 pour cent de la masse terrestre de la MRC, le reste du territoire étant réparti entre les 18 municipalités du comté. Il abrite un vaste réseau de chemins forestiers, dont certains ne conviennent qu’aux véhicules tout-terrain, ainsi que quelques grandes artères qui sont entretenues par la MRC.

Environ la moitié du territoire est une terre de la Couronne, ce qui signifie qu’elle est ouverte à l’usage public. Une douzaine de pourvoiries et trois ZEC couvrent environ un autre tiers du territoire, et le reste du territoire appartient à la réserve faunique, l’une des plus grandes du Québec.

Cette vaste étendue sauvage est un paradis pour la chasse, la pêche et l’aventure en plein air. N’importe qui peut camper gratuitement sur les terres de la Couronne, sous une tente, ou pour une somme modique (payable à la MRC) s’il installe un VR ou une caravane aménagée. Dans ce dernier cas, un permis est également requis.

Bien que le TNO (territoire non-organisé) compte peu de résidents permanents, il abrite plus de 1 200 chalets et camps de chasse autonomes, certains ayant plus de 100 ans, qui ont été érigés sur des terres louées à la province.

Depuis 2014, les MRC sont responsables de l’administration de ces baux grâce à une entente avec le gouvernement provincial qui prévoit que la MRC perçoit 50 pour cent des revenus tirés des droits de location.

Ce travail implique l’évaluation des propriétés à des fins fiscales, ainsi que le repérage et la signalisation des camps illégaux sur le territoire, installés sans bail approprié. Cette tâche incombe en grande partie à M. Marenger.

Il arrive qu’il en repère un sur Google Maps, et qu’il doive s’aventurer des heures dans le TNO pour le localiser à l’aide de coordonnées GPS. D’autres fois, s’il a de la chance, il en apercevra un alors qu’il est déjà sur le terrain pour un autre travail.

Une fois qu’il a signalé un camp avec un avis spécial, son propriétaire dispose de sept mois pour le retirer du terrain sans laisser de trace. Si cela ne se produit pas, le ministère des Ressources naturelles ajoute le camp à la liste de ceux qu’il prévoit de brûler entièrement à l’arrivée de l’hiver.    

« Il y a un endroit non loin du lac Danford qui a été incendié cinq fois, et chaque fois, son propriétaire commence à le reconstruire », a-t-il dit en riant.

La MRC perçoit également une taxe routière, payée par chaque locataire du TNO à titre de contribution aux coûts d’entretien des routes d’accès essentielles.

Jason Durand, directeur de l’aménagement du territoire de la MRC, a souligné que le budget de la MRC pour le TNO est très limité, surtout compte tenu du nombre de kilomètres de routes qui devraient idéalement être entretenues.

« Il y a des milliers et des milliers de kilomètres de routes, a-t-il dit. Nous nous concentrons donc uniquement sur les routes stratégiques, soit environ 375 kilomètres, c’est donc là que nous investissons la majeure partie de notre argent. »

Entre les revenus des droits de location et les taxes foncières et routières payées par les locataires, la MRC perçoit environ 500 000 $ qu’elle réinvestit chaque année dans l’entretien des routes par le nivellement et la réparation des ponceaux. Environ 250 000 $ supplémentaires par an en subventions provinciales aident à la réalisation de projets plus importants. Ce financement peut couvrir les réparations et les améliorations de base, mais face à des affouillements massifs comme ceux observés sur le chemin du lac Jim ce printemps, la MRC a besoin d’un soutien provincial accru.

En guerre contre les castors

Avec un budget limité, l’équipe du TNO de la MRC prend grand soin de prévenir les affouillements lorsque cela est possible. Ce que cela signifie, en réalité, c’est qu’elle est en guerre contre les castors, dont le nombre est considérable.

M. Marenger passe au moins 60 pour cent de son temps à parcourir les routes principales pour poser des pièges et vérifier si les castors ont construit de nouvelles obstructions dans les ponceaux, ce qui est souvent le cas.

S’il continue à les dégager à la main, il peut éviter d’avoir à utiliser de la machinerie plus lourde, ce qui peut être coûteux.

Depuis plus d’une décennie, la population de castors augmente dans la région parce que le prix que les trappeurs peuvent en tirer a chuté. Le TNO est divisé en 164 lignes de piégeage – des parcelles de terre d’environ 40 kilomètres carrés chacune, où une personne, au moyen d’un bail spécial, a des droits de piégeage exclusifs. Pour maintenir une ligne de piégeage auprès du gouvernement, cette personne doit attraper au moins 15 animaux par an, et au moins cinq espèces différentes.

« Les martres et les pékan, ça rapporte beaucoup plus et c’est plus facile et rapide à dépecer, a dit M. Durand, expliquant pourquoi les castors sont devenus moins populaires. Les castors sont lourds et ne rapportent pas beaucoup. »

« Il y a quelques années, un gros castor coûtait 20 $, a ajouté M. Marenger. Il y a peut-être 60 ans, on pouvait vendre un castor pour 100 $. »

M. Marenger et M. Durand ont tous deux été témoins de leur lot de chaos dans le TNO – une voiture abandonnée pendant des années après avoir heurté un orignal; des aventuriers perdus ayant passé la nuit dans une niveleuse stationnée après n’avoir pas réussi à retrouver le chemin de la maison.

« Nous avons tellement de choses à raconter sur le TNO, et nous ne savons pas par où commencer », a dit M. Durand.

« Il y a beaucoup de « coins secrets » que les gens essaient de garder pour eux. Cela fait aussi partie de la culture. [ . . . ] Nous avons tellement de chance d’avoir un si grand territoire que tout le monde peut trouver son petit coin de pêche et penser qu’il est le seul à le connaître. »

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