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Lac Dumont: Du Far West au paradis familial

Lac Dumont: Du Far West au paradis familial

Marc Soulière of the Amis du Lac Dumont, holds a community lease for the beach at Lac Dumont, in the TNO Lac-Nilgaut.
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caleb@theequity.ca

Le lac Dumont, situé à près de deux heures au nord de Shawville, le long de la frontière est de la MRC de Pontiac, est depuis longtemps un havre pour les amateurs de plein air. 

Une plage de sable s’étend sur plusieurs centaines de mètres le long de la rive nord du lac, ce qui en fait une destination estivale prisée pour ceux qui souhaitent passer du temps en pleine nature. 

Mais le site a également été victime de son propre succès. 

Marc Soulière, le président de l’organisme à but non lucratif Les Amis du Lac Dumont, s’est employé à nettoyer le site et à le rendre plus accueillant pour les familles. Il y a quelques années à peine, cependant, les choses n’étaient pas aussi tranquilles. 

« J’ai découvert ce lac en 1986, alors qu’il y avait [ . . . ] plus de tortues serpentines que d’humains, a-t-il raconté. Après ça, il est devenu connu, c’était un petit endroit magnifique caché dans les bois. Il n’y avait pas de loi, alors c’est devenu vraiment fou avec les raves et tout le reste. »

Vue aérienne de la plage du lac Dumont en été. Photo : Marc Soulière.

Il a raconté qu’au début des années 2000, des milliers de fêtards et de guerriers du week-end descendaient sur la plage pour faire la fête, laissant des montagnes de déchets et causant des maux de tête à la communauté locale. Bien que le lac soit situé dans la région de la TNO Lac-Nilgaut  de la MRC de Pontiac, l’itinéraire le plus facile et le plus accessible pour se rendre à la plage passe par la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau et la petite communauté de Cayamant. 

La faible profondeur de l’eau signifiait que les conducteurs traversaient souvent l’eau à grande vitesse à bord de véhicules tout-terrain. Le verre des bouteilles cassées jonchait le sable, rendant dangereux le fait de marcher pieds nus.

Jason Durand, directeur du territoire de la MRC de Pontiac, est depuis longtemps un habitué du lac, à la fois en raison des divers emplois en gestion des ressources qu’il a occupés sur le territoire et simplement parce qu’il aime le plein air. 

« Il y avait des raves et des choses comme ça, des gens faisaient la course sur le lac avec leurs camions et autres, pendant que des enfants nageaient, parce que la plage est si peu profonde sur une si longue distance, s’est souvenu M. Durand. J’avais déjà vu des voitures brûler juste là, littéralement brûler, c’était donc une sorte de chaos. »

L’inspecteur régional de la MRC de Pontiac, Richard Marenger, a également fait de nombreux voyages au lac Dumont. 

« Je me souviens qu’une fois j’y suis allé pour nettoyer [ . . . ] Rien que les bonbonnes de propane vertes ont rempli toute la caisse de mon camion », a-t-il dit. 

Tentant de maîtriser la situation, diverses autorités ont essayé de bloquer l’accès à la plage, déposant des barrières de béton le long du chemin d’accès. M. Soulière a indiqué que ces obstacles étaient assez facilement contournés par des visiteurs débrouillards munis de véhicules tout-terrain. 

Au fil des ans, il a dit avoir commencé à encourager les gens à maintenir le site propre et à respecter les autres baigneurs en respectant les limites de vitesse et d’autres règles de base. « J’essaie juste d’éduquer les gens », a-t-il dit, à propos de son approche non conflictuelle. « Tout est dans la manière de faire les choses. »

 Il a ajouté que l’affichage de messages positifs sur l’entretien du site sur les médias sociaux a aidé à rallier d’autres personnes partageant les mêmes idées. 

M. Durand a indiqué qu’éventuellement, avec le soutien de la MRC, une rencontre a été organisée avec M. Soulière et le ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec pour voir si le ministère pouvait créer un bail pour la plage seule, qui pourrait être géré par M. Soulière. 

« En d’autres termes, il aurait le droit de facturer les gens, non pas pour les saigner à blanc, mais au moins pour contrôler l’endroit et le garder propre et tout ça », a dit M. Durand. 

En 2023, après des années à travailler bénévolement pour nettoyer les lieux, M. Soulière a déclaré avoir officiellement obtenu un bail communautaire du ministère, ce qui lui permet désormais de facturer des frais nominaux pour l’accès en échange de la gestion du site de la plage et de son maintien en propreté. Cette année, les laissez-passer journaliers seront de 10 $ pour les adultes, ou 20 $ pour le camping de nuit. Les enfants de moins de 18 ans entrent gratuitement. 

« Oui, certaines personnes étaient déçues parce qu’elles y allaient toujours et n’avaient jamais eu à payer, a dit M. Durand. Mais c’est seulement la zone de la plage [qui est sous son bail], donc il y a encore tout le lac. »

Selon la province, le bail de la propriété est destiné à un usage communautaire à but non lucratif. Cela permet une « activité accessible à l’ensemble des citoyens ou à une catégorie de citoyens sans adhésion ou affiliation obligatoire à un club, une association ou un regroupement d’intérêts privés pour la pratique d’une telle activité, à titre gratuit ou à un coût basé uniquement sur les dépenses d’opération et d’entretien. » Le ministère précise que le bail sera renouvelé chaque année tant que M. Soulière restera en conformité.

M. Durand a affirmé qu’avoir quelqu’un comme M. Soulière sur place pour contrôler les choses est essentiel pour éviter que la zone ne retourne à la loi de la jungle. 

« Avoir Marc là, ce n’est pas la personne typique à avoir, mais c’est l’homme de la situation, a dit M. Durand. Parce que les gens qui étaient le problème là-bas, ce ne sont pas le genre de personnes avec qui n’importe qui peut faire affaire. Il était le bon intermédiaire. » 

M. Soulière a déclaré qu’il prévoyait d’ouvrir en juin cette année, en ajoutant plus de toilettes et en conservant l’ambiance rustique que les gens aiment tant à propos de l’endroit. 

« Tout le monde qui vient ici, tout le monde [dit] que c’est époustouflant. C’est comme une drogue, c’est dans vos veines, a-t-il dit. C’est un endroit où vous venez et tout s’en va. Tous vos soucis, tout s’en va. »

Vue sur le lac depuis l’un des sites de camping. Photo : Caleb Nickerson.

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